Légendes des contrées oubliées

BD française en 3 volumes publiée en 1987. C’est une des premières BD d’Héroic Fantasy de la fin des années 80 (avec la Quête de l’oiseau du temps).

L’histoire, garantie sans spoilers

Trois valeureux guerriers nains quittent leur royaume du sud afin de rechercher leur nouveau roi, loin dans les contrées légendaires du nord. Ils vont découvrir bientôt qu’ils ignorent tout des dangers de ces régions et s’associeront, bon gré mal gré, à un barbare aussi stupide que doué pour le combat et un roublard. Ces compagnons de fortune vont comprendre petit à petit qu’ils font l’objet de plus grandes attentions et de plus grandes intrigues, notamment de Puissances quasiment divines aussi puissantes que folles.

En fait, on les connaissait déjà les gonzes

Chevalier et Ségur nous ont déjà offert un petit bijou d’humour avec les aventures de Kroc le Bo, publié dans Casus Belli, le célèbre magazine de jeu de rôle. Ce gobelin est aimable, aime les arts, mais il vit dans l’horrible monde de l’AD&D ou les monstres ne sont que chair à canon pour les Gros Bills en manque d’XP !

Graphismes et scénario

Nous découvrons un graphisme avec énormément de détails, le moindre élément de la faune et de la flore raconte une petite histoire par son interaction. Dans une moindre mesure que les mangas à venir plus tard, le dessin a un sens du mouvement maîtrisée et une mise en couleur magnifique. Ségur a un style très particulier et certains n’accrocheront pas aux riches couleurs pastels. On est dans un univers inspiré par les bestiaires de Tolkien, mais empreint de la créativité étrange et originale de Ségur. Même les créatures classiques de l’Héroic-Fantasy sont illustrées d’une nouvelle manière, tels que les dragons, les gobelins (appelés ici Morbelins).

L’univers présenté est étonnamment bien structuré. Les Contrées Oubliées sont un monde ancien, avec une histoire riche et terriblement féroce. Chaque espèce se révèle être un jouet des Puissances. Celles-ci, bien qu’en déclin et à demi-oubliées,  sont bel et bien présentes dans ce monde.

Le scénario est riche et en perpétuelle évolution, s’enrichit et se complexifie avec les volumes, tout cela au grand bénéfice de l’intrigue principale. La quête devient épique, sombre et sanglante à souhait. En laissant tomber volontairement un univers bêtement manichéen, Chevalier (quel nom de famille prédestiné!) nous offre une œuvre envoutante et dramatique. On reste littéralement scotché, de part le rythme rapide des événements, jusqu’au dénouement final. Les dialogues sont savoureux, la plume bien aiguisée et pourtant remplie de pointes d’humour.

Y’en a un peu plus, je vous le met quand même ?

L’univers des Contrées Oubliées a eu un tel succès qu’un jeu de rôle a été édité à la suite. Malheureusement jugé trop complexe, il n’a pas eu le succès escompté.

Conclusion

La série (ou l’intégrale) est un incontournable et 20 ans après sa première parution, elle n’a pas pris une ride. Une oeuvre incontournable à lire et à relire pour votre grand plaisir. On regrette de ne pas pouvoir plus arpenter ce monde imaginaire, bien que oppressant et souvent sanglant. On fera une mention spéciale au personnage de SSin, probablement un des méchants des plus passionnants, ainsi que Hurl, le terrible chevalier tonnerre.

Pour aller plus loin

Les trois volumes sont assez difficile a acquérir. Oui, je sais, c’est une honte pour cette superbe BD. Je n’ai plus retrouvé l’édition intégrale en vente neuve tant qu’on en est aux bonnes nouvelles.

Kro le boKroc le Bô évolue dans l’univers de l’Heroic Fantasy. C’est une parodie féroce du monde de jeux de rôles en particulier Dongons & Dragons. Le héros principal est situé du mauvais coté de la barrière (celui des méchants et autres monstres…), mais il garde une part de bonté.